Télétravail : rebondissement… et retard…

Publié le 5 Mai 2014

Télétravail : rebondissement… et retard…

Le télétravail, c’était bien parti ! Après un an et demi d’attente des salariés, nos efforts avaient abouti : nous nous étions mis d’accord avec la Direction sur un texte, il ne restait plus qu’à le signer, encore quelques formalités administratives et c’était bon. Les salariés ayant plus d’1h15 de trajet (aller simple) pouvaient envisager un démarrage du télétravail cet été.

C’était sans compter sur les intérêts politiciens qui se jouent en coulisses… au détriment bien entendu des salariés de SYSTRA ! Car après les 5 réunions de négociation, où chaque syndicat avait la possibilité d’apporter sa pierre et ses propositions dans l’élaboration du texte (la CFDT l’avait d’ailleurs fait), l’accord devait encore être soumis pour avis au CHSCT (le 28 avril), puis au Comité d’Entreprise (le 29 avril) et enfin transmis à l’Inspection du travail.

Problème, la réunion du CHSCT a été l’occasion d’un coup de théâtre en guise de «tambouille syndicale». Le CHSCT a considéré qu’il n’était pas en mesure de donner un avis. Au contrainte, il a décidé de faire expertiser le texte par un Cabinet conseil avant de se prononcer. Le CHSCT justifie cette expertise, qui devrait durer plusieurs mois et coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros, par les « lacunes » du texte… Pourtant, les élus les plus influents du CHSCT ont aussi participé aux négociations, et avaient tout loisir de mettre en lumière ces soi-disant « lacunes » lors des négociations… Allez comprendre !

Mais le résultat est là : cet accord sur le télétravail, tant attendu par les salariés qui subissent des temps de transport extrêmement lourds, se retrouve reporté de plusieurs mois… au mieux ! Car la Direction, finalement assez peu encline sur le télétravail, pourrait saisir ce prétexte pour refuser l’expertise demandée par le CHSCT, et ajourner le passage du texte en CE… un enterrement de première classe… Et voilà comment les intérêts politiciens risquent fort au final de faire une seule victime : les salariés de SYSTRA que les syndicats sont sensés défendre.

La CFDT regrette fermement cet état de fait, qui aboutit à une situation ubuesque, où les jeux politiciens torpillent les attentes mêmes des salariés ! La CFDT souhaite que ce projet d’accord sur le télétravail entre en application le plus vite possible, afin de soulager sans délais les salariés qui connaissent les temps de travail les plus importants.

Télétravail : rebondissement… et retard…

Les arguments avancés pour justifier l’expertise, et donc le report de l’accord :

  • Quid de la surveillance des salariés via les outils informatiques ?

Le texte dit : “La Direction doit garantir le respect de la vie privée du télétravailleur à domicile. Il n’y a pas de mise en place d’outils de contrôle et de surveillance spécifiques au télétravail.”

  • Quid de la plage horaire de disponibilité (8h-19h), est-ce que le salarié devra rester 11 h devant son poste ?

Le texte dit : “l’avenant au contrat de travail précisera la plage horaire d’accessibilité pendant laquelle le télétravailleur pourra être joint par son responsable hiérarchique dans le respect de la durée maximale du temps de travail”. La plage horaire interdisant tout appel avant 8h et après 19h a été définie pour renforcer la protection du salarié. C’est ensuite à chaque salarié, en fonction de ses préférences et en lien avec son hiérarchique, de fixer dans son avenant la plage horaire d’accessibilité incluse dans ce 8h-19h.

  • Quid des centres de télétravail ?

D’un commun accord, ils n’ont pas fait partie de la négociation. Le projet d’accord porte uniquement sur le télétravail à domicile.

  • Quid du déploiement effectif du télétravail, si 200-550-1000 personnes demandent le télétravail en même temps ?

550, 1000, c’est précisément impossible, en raison du critère de temps de trajet contre lequel nous nous sommes très longuement battus, et sur lequel nous avons fini par céder à 1H15 puis 1H l’an prochain, justement pour permettre à la direction de le mettre en place au mieux. Le nombre de personnes ayant un trajet supérieur à 1H15 est évalué à 300 maximum...

  • Comment se feront les contrôles électriques, comment la Direction les gère pour s’assurer que l’installation au domicile du télétravailleur est aux normes?

Ils sont effectués par une entreprise agréée et payés par SYSTRA, comme cela a été le cas lors de la phase de test en 2013.

"Nous, délégués syndicaux CFDT, nous sommes énormément impliqués dans cette négociation. C’est nous qui avons demandé son ouverture, nous qui nous sommes battus pour abaisser le critère de temps de trajet, que la direction a longtemps voulu maintenir à 1H30. Nous avons étudié des dizaines de textes, de rapports, d’accords modèles, nous avons négocié pied à pied pendant 5 réunions de 2 à 3 heures chacune. Tout ça pour ça...

Le texte n’est sans doute pas parfait, il n’en existe pas, mais les lacunes évoquées sont largement imaginaires. Une négociation, ce n’est pas un texte idéal, c’est un compromis acceptable pour chacune des parties. Si on l’accepte pas, il n’y a jamais d’accord... et jamais d’avancée. Les salariés apprécieront..."

Rédigé par CFDT SYSTRA

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F
C'est vrai que vous êtes bien placés pour parler des syndicats les plus bêtes du monde...
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A
bonjour, permettez moi de vous demander qu'est ce que cela veut dire "les syndicats les plus bêtes du monde" ? c'est vraiment incompréhensible et injurieux de votre part de parler de cette manière des autres syndicats. Nous sommes peu de collègues, toutes étiquettes syndicales confondues à Systra, a oeuvrer tous les jours dans l'intérêt de tous avec bcp de difficultés... , et nous nous devons d'être exemplaires afin que d'autres collègues aient envi de nous rejoindre... C'est une erreur de rejeter la faute sur d'autres syndicats... il y a des militants sincères derrière les étiquettes syndicales, des militants sérieux qui accompagnent les collègues en difficulté, qui tentent de trouver des solutions aux problèmes.. Le télétravail est une de ces solutions, mais il est également lourd de conséquence sur l'organisation du travail. Son application peut bouleverser pas mal de choses, pas mal de repères.. et l'on sait tous que travailler dans des conditions qui sont celles de Systra, ce n'est pas évident et que les repères sont importants. Une personne qui va mal et qui est isolée du collectif est la pire des situations qu'on ne souhaite pas. C'est entre autre pour cette raison qu'une expertise a été demandée, afin que les membres du CHSCT, mais aussi les collègues, soient parfaitement informés et éclairés de tous les problèmes relatifs aux conditions de travail et à la santé des salariés qui peuvent se révéler à l'application d'un tel accord. C'est aussi une analyse qui pourra servir à d'autres, dans d'autres bureaux d'études, et dans le monde du travail en général. Nous, les syndicats combatifs de Systra, nous devrions plutôt marcher ensemble. Et non se tirer dans les pattes. Je regrette vraiment qu'il n'en soit pas ainsi pour votre syndicat. Au modérateur de ce site désormais de choisir d'accepter ou pas ce message.
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C
Sur ce site, tous les commentaires sont acceptés, temps qu'ils ne sont pas injurieux ou usurpant l'identité de quelqu'un. La CFDT regrette que le jeu syndical est entraîné un blocage (voire un enterrement) du télétravail. Les inquiétudes avancées ici auraient pu/du être traitées lors des négociations au lieu d'attendre le passage en CHSCT.
D'autre part, point culture / humour : l'expression "la droite la plus bête du monde" date du début du 20e siècle et est signée... Guy Mollet ! Elle a été reprise à son compte par le RPR pour une campagne d’adhésion dans les années 1990, avec le dessin illustrant l'article... Il s'agit ici d'un simple "détournement" pour dire les choses avec un peu d'humour.
D
Oui... c'est ça... en France on a les politiques et les syndicats les plus bêtes du monde... qui préfèrent défendre leur pré carré et leurs privilèges plutôt que l'intérêt général. Merci... :-(
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Y
Quand les intérêts politiciens sortiront de l'entreprise alors les salaries se réjouirons de ne plus être les dindons de la farce. Et enfin les avancées sociales se feront.
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