Mutuelle : et si on s’était fait tondre ?

Publié le 15 Janvier 2019

Historiquement chez SYSTRA, l’ensemble des questions relatives à la mutuelle étaient pilotées dans le cadre de groupes de travail associant la Direction et les Représentants des salariés. Le dernier exemple de ce travail collaboratif, constructif et consensuel date de 2011. La Direction et les élus avaient mis au point ensemble sur le cahier des charges, les niveaux de remboursement et le choix de l’assureur. Ce travail avait permis aux salariés de SYSTRA de bénéficier d’une très bonne couverture à un tarif très avantageux… mais ça, c’était avant !

Car depuis, la Direction a décidé de son propre chef d’écarter les représentants des salariés de la gestion de la mutuelle. Elle a considéré qu’elle travaillait mieux seule, unilatéralement, en s’en remettant sans aucun sens critique à un obscur courtier à qui elle a fait toute confiance…

Résultat, depuis quelques années, les cotisations payées par les salariés de SYSTRA pour la mutuelle n’ont cessé d’augmenter. Ce matraquage en règle était soufflé à l’oreille de la Direction par son courtier. Ce dernier vociférait que le régime était gravement déficitaire, qu’aucun assureur ne voudrait plus travailler avec SYSTRA et qu’il n’y avait pas d’autre solution que de faire payer plus les salariés. Sans vraiment prendre de recul sur ces dires, la Direction augmentait inlassablement les cotisations… C’était vite oublier que tout un écosystème est payé par un pourcentage sur les cotisations : l’assureur AXA, le gestionnaire GENERATION, ou encore le fameux courtier conseil. Au final, plus les cotisations augmentent… et plus la rémunération de cet écosystème augmente… Pas très éthique tout ça !

Mais ce n’est pas tout ! Le coup de grâce a été donné en avril 2018 ! Car malgré les protestations des syndicats, et toujours sous l’influence de son courtier, la Direction a décidé :

  • D’augmenter encore les cotisations des salariés au 1er avril 2018
  • De les indexer à partir du 1er janvier 2019 (ce qui signifie une hausse automatique chaque année)
  • De baisser significativement les remboursements, notamment sur des postes clés comme l’optique et le dentaire, sous couvert de la mise en place d’un « contrat responsable ».

Les salariés se sont donc retrouvés depuis le printemps dernier avec une moins bonne couverture santé… pourtant payée à un prix excessif ! Et ça… ce n’est pas la CFDT qui le dit, mais le nouveau courtier de la Direction ! Car, tout de même cela finissait par être tellement gros que la Direction a fini par retrouver la vue et par solliciter un nouveau courtier. Son analyse est accablante ! Dès 2017 le régime de mutuelle était bel et bien à l’équilibre financier entre les cotisations et les dépenses. Aussi, ni la hausse des cotisations d’avril 2018, ni le rabot sur les garanties de remboursements, ni l’indexation des cotisations à partir du 1er janvier 2019 n’étaient justifiées ! Clairement, cet « écosystème » qui vit sur un pourcentage des cotisations payées par les salariés de SYSTRA s’est rempli les poches en 2018 ! En un mot… on s’est fait tondre !

Reconnaissons au moins à la Direction qu’elle a (finalement) su ouvrir les yeux et reconnaitre la situation… plutôt que de chercher à la passer sous silence... malgré les mises en garde récurrentes des syndicats. Elle a réuni le Comité d’entreprise vendredi dernier pour lui indiquer qu’avec l’aide de son nouveau courtier, elle allait relever le niveau des remboursements sur l’optique et le dentaire notamment, et raboter les frais de gestion de la mutuelle. En revanche, la Direction n’a pas souhaité baisser les cotisations (sans doute pour ne pas reconnaitre vis-à-vis des salariés l’ampleur de la tonte qui s’est exercée en 2018…). En revanche, elle va modifier les régimes « isolé » et « famille ». Ça sera désormais « salarié+enfants » et « conjoint ». Ce la signifie que la hausse des cotisations a été telle en 2018 qu’elle permet de payer la couverture maladie des enfants sur le seul régime isolé… cela dit l’ampleur du dérapage !

La morale de cette histoire est simple : la Direction s’est cru devoir écarter les représentants des salariés pour gérer seule, avec un courtier, la mutuelle. Le résultat a été catastrophique pour SYSTRA comme pour ses salariés. Aujourd’hui, la Direction retrouve partiellement la vue. Il faudrait qu’elle aille au bout de la démarche, et remettre en place les groupes de travail Direction / élus qui avaient pourtant fait la preuve de leur efficacité… et permis de travailler conjointement au bénéfice des seuls salariés… et pas à celui de l’assureur et du gestionnaire ! C’est en tous cas ce que demande la CFDT.

Rédigé par CFDT SYSTRA

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