Privatisation

Publié le 30 Janvier 2024

Silence, on privatise SYSTRA

Préambule : Les informations suivantes sont strictement issues de la presse spécialisée à la date du 18/01/2024 et ne dérogent pas au devoir de confidentialité de toute organisation syndicale.

Alors que les NAO stagnent malgré de très belles perspectives et deux années exceptionnelles, la Direction SYSTRA négocie la cession de l'entreprise au secteur privé. Il nous paraît important d'informer les salariés à l'heure où l'avenir de SYSTRA se joue et que la Direction actuelle oublie sciemment les forces vives de l'entreprise et le triptyque classique de gouvernance : clients, actionnaires, salariés.

Résumé des épisodes précédents :

SYSTRA, contrôlée historiquement à part égale par RATP et SNCF (43% du capital pour chacune des entités publiques), cherchait activement un investisseur financier prêt à devenir actionnaire minoritaire. Le nouvel investisseur devant collaborer étroitement avec RATP et SNCF, qui avaient l'intention de conserver le contrôle majoritaire. SYSTRA devait rester française. L'objectif était de conclure l'accord d'ici fin 2023.

Devant le peu de succès du plan initial qui prévoyait un financier généreux et docile, les deux actionnaires majoritaires de SYSTRA ont décidé de changer de pied. Mi-décembre 2023, l'Informé annonçait que 58% des parts des deux entreprises publiques ont été mises sur le marché. Celles-ci ont pour ambition de garder une part importante du reste.

Le mot tabou de privatisation devient d'actualité !

Episode en cours 30/01/2024 :

Selon CF News confirmé par l'Informé, la deuxième phase des enchères a commencé avec trois candidats qui convoitent le contrôle de SYSTRA: les fonds français PAI Partners, Latour Capital, et le fond américain Carlyle.

La situation se complexifie avec l'apparition d'un nouvel acteur, la holding française Fimalac qui ambitionnerait une entrée minoritaire dans le capital de SYSTRA.

Les trois finalistes de l'appel d'offres pourraient avoir besoin de Fimalac pour renforcer leur proposition. Ainsi, Carlyle pourrait avoir besoin de Fimalac pour apporter une touche d'authenticité française à sa réponse, tandis que pour Latour Capital, la présence de Fimalac pourrait être bénéfique pour atténuer les risques associés à ce qui est considéré comme un dossier substantiel pour eux. Par conséquent, les trois finalistes pourraient tirer un grand profit de Fimalac d'une manière ou d'une autre, en fonction de leur stratégie.

Par ailleurs, SYSTRA, ayant enregistré une performance financière exceptionnelle en 2023, a dépassé les prévisions budgétaires initiales. Cette situation pourrait amener les éventuels acquéreurs à réévaluer leurs offres par rapport à celle du premier tour. Pour mémoire, en 2022, SYSTRA avait réalisé un chiffre d'affaires de 900 millions d'euros, un Ebitda de 76 millions d'euros et un résultat opérationnel de 40 millions d'euros...

...pendant ce temps les NAO plafonnent à 3,5%.

Rédigé par CFDT SYSTRA

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